Avant-propos

 

Mon travail s’articule autour du langage, plus précisément autour des notions de polysémie, de malentendu, et des ruptures et ouvertures qu’ils engendrent dans le dialogue.

Ce malentendu est envisagé à la fois comme un glissement de sens et de sons : un décalage d’oreille, mais aussi de singularité, d’histoire, de point de vue entre les interlocuteurs.

Ces petits et grands malentendus, spécifiquement humains, m’intéressent dans ce qu’ils disent du lien entre les interlocuteurs : je tente de mettre en évidence ce lien, d’en proposer un sur-lignage, de le matérialiser, au travers de pièces sonores, installations, partitions langagières, textes, projections, dispositifs, performances…

Je travaille également beaucoup sur rythme généré par ces ruptures, et sur la recherche d’un rythme qui permettrait d’atteindre une adresse- à (un deuxième interlocuteur, un spectateur…), qui le renverrait à sa propre singularité.

J’essaie de mettre en “oeuvre” des formes polysémiques, ambiguës, qui, partant d’une possible mal-intérprétation, proposeraient en fin de compte une ré-appropriation.

Cela prend souvent la forme d’une mise en signe d’éléments (linguistiques et plastiques), générant plusieurs interprétations, ainsi qu’un usage des espaces blancs et vides, suspendus dans l’espace comme trois petits points à compléter, se réapproprier.

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My work revolves around language, specifically around the notions of polysemy, misunderstanding, and the fractures and openings that they generate within dialogue.

Misunderstanding here is to be considered not only as a shift in meaning and sound: a discrepancy to the ear, but also as the singularity of the speaker, of their own personal history, their own point of view.

These misunderstandings, large and small and specifically human, interest me for what they can tell us about the relationship occurring between speakers. Through installation, sound, language scores, texts, films, features, performances etc, I try to highlight these relationships, to turn them into something physical in order to draw attention to them.

Equally, I do a lot of work on the rhythms that are brought about by such ruptures, and on attempting to find a rhythm that could achieve a kind of call out, (to a second party, a spectator..), that could refer the rhythm to its own singularity.

I try to solidify into « work », the vague, polysemic, ambiguous forms which, arising from a ‘mis-interpretation’, could ultimately result in ‘re-appropriation’.

Often, this involves arranging elements (linguistic and visual), into a kind of representative code that generates multiple interpretations, as well as using blank and empty rooms, suspended in space like an ellipses to contemplate, to re-appropriate.